100 ans après

L’hippopotame

Le projet est né de la demande du musée Pompon de Saulieu d’exposer dans ses locaux. De ce fait Olivier Courty a souhaité rendre hommage à François Pompon. Il a choisi de s’inspirer de sa sculpture d’hippopotame créée en 1918, et d’en faire sa propre interprétation, tout juste un siècle après.  Cet hippopotame est exposé au relais Bernard Loiseau dans le cadre de l’exposition organisée par la ville de Saulieu et le musée François Pompon.

Hippopotame

Le sculpteur n’a souhaité laisser dépasser qu’une seule partie de l’animal, tel un iceberg, voulant induire sa face cachée.

L’hippopotame fait partie des mammifères les plus dangereux de la savane. Ici, il est dans une posture ne reflétant pas cette réalité, toujours pour induire la face cachée de sa bestialité. Sa position est statique, dans l’attente et il y a un réel paradoxe entre sa posture quasi inoffensive et sa férocité.

Hippopotame

Le poids de l’empreinte

Entièrement martelé de numéros, l’animal est marqué de toute sa surface pour symboliser le poids de l’empreinte, l’impact que l’homme a sur lui. Comme des cicatrices, ces marques laissées par le sculpteur sont le symbole de la disparition d’un grand nombre d’hippopotames ces dernières décennies. Le sculpteur animalier utilise son art pour faire prendre conscience de l’importance de l’impact de l’homme sur les animaux.

En effet comme bien d’autres animaux de la savane, les hippopotames n’échappent pas au braconnage. Leur dents, plus précisément l’ivoire qu’elles contiennent, sont la cible de chasseurs qui créent un trafic important vers l’Asie. La disparition progressive de son habitat et la chasse pour sa viande contribuent également à une forte diminution des populations. Pour exemple, en Ouganda, la population d’hippopotames a été divisée par 10 dans le Parc national Queen Elizabeth entre 1950 et 2005. Une diminution plutôt significative en 55 ans. Ceci classe ce mammifère dans la catégorie des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

Également, en République démocratique du Congo, en raison de la chasse, 95% des effectifs ont été décimés depuis 1994.

Il reste aujourd’hui entre 128.000 et 148.000 hippopotames en Afrique. Les chercheurs ont modélisé une extinction de l’espèce d’ici 30 à 40 ans. Le puissant colosse est désormais très vulnérable…

Hippopotame